LEILOUI NICHMAT
LEA BAT YAEL
ZAL

21 Octobre 2017















La Téchouva


Le mois d’Elloul est le plus propice pour la Téchouva. La raison principale se trouve dans la Thora. La liberté du peuple d’Israël a été obtenue grâce à Moché Rabénou. On avait considéré que le plus dur a été la sortie d’Egypte. Hélas ce ticket ne pouvait suffire à lui-même. Il était assujetti d’une condition sine qua non. Il fallait être fidèle au message divin et à la promulgation des 613 Mitsvot sur le Mont Sinaï. Moché dès le six Sivan monte sur cette montagne pour recevoir les tables de la Loi. Il revient quarante jours plus tard soit le 17 Tammouz Le peuple hébreu s’est fourvoyé la veille en confectionnant et en se prosternant devant un veau d’Or, outrage suprême au pacte divin. Moché brise les Tables. Il remonte pour quarante jours supplémentaires et revient le 1er Ellul. Ces jours et ces nuits ont été nécessaires pour obtenir le pardon céleste. Il retourne une troisième fois sur le Mont Sinaï pour ramener les secondes Tables de la Loi. Le jour de son retour triomphant se trouve être le 10 Tichri, le jour de Kippour. Les allées et venues du guide libérateur restent pour nous une référence pour transformer cette période comme un temps opportun pour nous libérer de nos fautes passées et réclamer la mansuétude divine.

Ani lédodi védodi li

L’acronyme de ce verset de chir Hachirim, cantique des cantiques, est le mot E.L.O.U.L. Il signifie : je suis à mon bien aimé et mon bien aimé est à moi.  Dans le rapport intime entre le peuple d’Israël et D. il n’y a pas l’ombre d’un doute : le lien est presque charnel d’un amour désintéressé et inconditionnel. Il reste malgré tout réciproque. C’est pourquoi D. justifie son affection par l’attachement des enfants d’Israël aux mitsvot. Ainsi la démonstration se veut sans faille et juste. Que font nos fidèles pendant tout ce mois ? Ils retournent à la synagogue le matin, plus tôt que d’habitude. Ils psalmodient les plus beaux textes des Téhilim de David. Ils chantent des louanges en vers écrits par les meilleurs poètes de tous les temps. Ils rappellent  à plusieurs reprises le Vayaavor, cet appel de Moché à la clémence divine pour un pardon définitif. Ils se tapent la poitrine vingt deux fois comme le nombre des lettres de l’alphabet hébraïque, exprimant toutes les fautes réelles ou virtuelles. L’ambiance vécue pendant l’heure des sélihot du mois d’Elloul est quelque peu magique. Le jour pointe à peine que les fidèles se sentent soulagés. Ils savent que l’osmose se met en place comme les blancs d’oeuf en neige. Les premiers jours se veulent difficiles parce qu’ils arrivent à la fin du mois d’Août,  les effets des vacances sont encore vivaces. L’automne et les premiers effets frais de l’aube revigorent nos ouailles. Nous sommes là tous ensemble à fredonner Yachen al téradam Oh dormeur ne plonge pas dans la torpeur. L’environnement créé par les sélihot est emprunt d’anxiété mais aussi d’un vrai contentement. La confiance dans le résultat final à Kippour se profile comme positive voire probante.

La téchouva : réponse à nos questionnements.


Comment est-ce possible que chaque année à la même époque,  nous nous adressons à D. pour reproduire une supplique identique ? Le texte se veut pareil dans toutes ses formes. Il sert d’appoint et de préparation spirituelle de tous nos sens. C’est bien la réponse à nos interrogations. Lorsque nous appelons à la clémence céleste, nous avons évacué le problème crucial qui dans nos sociétés ne se pose plus. En effet le dilemme d’une reconnaissance même partielle de nos responsabilités peut avoir des conséquences néfastes dans nos rapports quotidiens avec autrui. Le plus simple est de ne jamais se trouver dans une situation de coupable éventuel. Le monde vit dans un reniement permanent. Le flagrant délit reste la seule possibilité de condamner un fauteur. Dans nos rapports avec D., nous jaugeons notre attitude. Soit nous reconnaissons derechef notre faiblesse et par voie collatérale, nous appelons à sa grande miséricorde. C’est bien là la mise en place des conditions du repentir. La seconde attitude réside dans le refus de se soumettre à la volonté de D. Certes nous apprécions que  nos synagogues se remplissent un jour par an dans un semblant d’euphorie collective. Mais cela sonne faux parce que les questionnements restent entiers et la Téchouva, une non réponse.
Faut-il attendre des épreuves douloureuses et des événements tragiques pour constater un regain d’activités communautaires ?
Les jours du mois d’Ellul ne se définissent pas seulement comme des jours de retrouvailles. Ils invoquent la sollicitude céleste pour ne pas être confronté à des situations graves et des écueils que la vie nous réserve. Si cela devait arriver malgré tout, nous avons au moins pris la précaution d’une quémande officielle. La pilule sera certainement amère comme pour tout un chacun. Elle n’aura pas l’impression d’une punition ou d’une négligence personnelle.

Roch hachana, kippour


Alors que le nouvel an de tous les calendriers de la planète est vécu avec faste et flonflons, celui de notre agenda est plus austère, plus grave. La raison principale se trouve dans la tradition juive qui a fixé ces jours comme des jours exceptionnels et redoutés. La longueur de ce jour se veut de quarante huit heures,  même en Israël. Nous faisons référence au premier homme, Adam, qui a fauté en bravant l’interdit divin et mangé le fruit défendu. Il a été pardonné ce jour. La ligature d’Isaac et son dénouement heureux se sont déroulés un jour de Roch Hachana. Les habitants de toute la terre sont jugés sur pièces comptables. Notre contribution à un jugement favorable a été la préparation que nous avons accomplie pendant le mois précédent. Nous venons, confiants et sereins, devant le tribunal céleste.
La sonnerie du Choffar des deux jours (sauf chabbat), est contrastée avec les douceurs de la veille, pendant le repas du soir. Le mélange savant d’un nouvel an plein d’espoir et de réalisations programmées, tranche par la longueur des offices de la matinée, le devoir ne rester sans sieste l’après midi, et le déplacement près d’un cours d’eau pour « jeter nos fautes dans les profondeurs des abîmes ».
A kippour, le jeûne de plus de vingt quatre heures ainsi que les cinq contritions suffisent à eux seuls pour sentir la gravité et la solennité d’un tel instant. Les beaux habits de fête ne conviennent pas avec les chaussures en toile portées en ce jour unique. Le peuple d’Israël et D. ont un rendez vous exceptionnel et particulièrement intense de ferveur et de rapprochement intime.
Au fil des heures qui avancent, nous atteignons le firmament sans décoller nos pieds du sol. Nous avons senti le cri du prophète qui annonce : « peuple d’Israël, rapproche toi de ton D. » comme si  les rôles se sont renversés. D. « descend » et les fidèles gravissent les marches qui touchent les sommets.
Dans cette double démarche,  la téchouva arrive à des bouleversements inimaginables.
Nous espérons avoir contribué à définir la place de chacun. Que D. nous inscrive dans le livre de la vie éternelle.

Rabbin Salomon MALKA
 
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