LEILOUI NICHMAT
LEA BAT YAEL
ZAL

21 Octobre 2017















L’enseignement filial
Pourquoi le judaïsme prône la sortie d’Egypte comme une reconnaissance éternelle au Saint béni soit-Il ?

La fête de Pessah à travers le séder, la nourriture à base de matsa, l’agneau pascal et tout son cérémonial à l’époque du Temple de Jérusalem, et encore d’autres indices, rappellent sans cesse la présence divine dans l’histoire. La conséquence immédiate coule de source. Nous avons une dette incommensurable au Créateur. Tout au long de notre existence nous la célébrons dans nos prières, dans l’accomplissement des mitsvot quotidiennes et surtout nous la transmettons à notre progéniture pour que jamais notre mémoire oublie et par là même se trouve en porte-à-faux. Les épreuves subies au cours de ces trois mille ans s’articulent dans notre mémoire collective comme un rappel douloureux de notre propre devoir,  au-delà de la mainmise des nations de vouloir nous annihiler.

Hanokh hanaar al pi darko (Proverbes ch.  v. )

Le livre des proverbes inspiré par le Roi Salomon, contient une multitude de recommandations qui nous ont toujours guidées dans cette forêt amazonienne qu’est devenue notre société. L’épine dorsale dans toute communauté organisée est sans aucun doute la pédagogie dans la transmission de la culture. Le savoir ne suffit pas à transformer un être dans son comportement socioculturel, son approche avec autrui, son regard vers sa famille,  ses voisins ou le quidam rencontré par hasard dans la rue. L’apprentissage reste une tâche ardue et les éducateurs se préoccupent pour pouvoir réussir leur mission.

Il n’existe pas une méthode mais plusieurs. L’être humain s’il est à l’image de D., n’est pas uniformisé ou cloné. Il est en perpétuelle mutation surtout au début de son existence.  L’expérience de la vie et les épreuves réduit nos idéaux et nos revendications. Un enfant par contre a une soif énorme de vouloir tout connaître même s’il n’a pas toutes les capacités intellectuelles.

Il faut donc faire un bilan psychométrique de son pouvoir afin de le diriger dans un domaine le meilleur de ses facultés.

Alors il lui faut un maître individuel. C’est pourquoi la Thora donne ce devoir à ses géniteurs. Les parents mieux que quiconque connaissent leur progéniture et devront être disposés à éduquer chaque enfant, à chaque étape sa vie. La responsabilité semble immense et presque insurmontable. Les rabbins proposent alors de transformer la maison en un immense laboratoire de la transmission. Les parties communes comme la cuisine et la salle à manger se métamorphosent en salles de travaux pratiques pour apprendre à distinguer les mitsvot inhérentes à la cachrout et au comportement de tout un chacun dans son rapport à la nourriture et sa tenue à table.

Il va s’en dire que les adultes sont observés comme modèles par le futur adolescent qui calquera sa conduite sur celle de son aîné.

Les parents dans leurs relations intimes ne doivent pas perdre de vue qu’un enfant est extrêmement curieux. Son apparente indolence ou sa juvénilité innocente cache une force innée de vouloir très vite s’affirmer dans le monde des grands. Nous devrons être vigilants et penser que l’âge tendre passe très vite. C’est pourquoi on nous recommande de bien tenir ses enfants depuis les premiers pas pour leur inculquer des gestes moraux et des habitudes sociables. Le mensonge et le refus d’accepter ses erreurs finissent par ronger la confiance et réduire les relations amicales entre les individus. La méfiance s’installe et l’esprit individualiste s’accapare de chacun. Il sera très difficile par la suite de retrouver la sérénité et la solidarité, bases essentielles pour le maintien d’une communauté.

Lilmod oullamed


La prière de chaque matin adressée à D. fait observer que l’être humain est en perpétuelle quête du savoir. Le savant est celui qui sait qu’il ne sait pas. Lorsque l’homme fait travailler ses méninges, il comprend mieux l’état de son élève dans son désarroi de vouloir acquérir des connaissances. Il arrive alors à créer des liens réciproques qui aboutissent à une meilleure collaboration. Depuis longtemps le judaïsme a compris qu’une tête bien pleine ne fait pas un homme accompli.

Lorsque le soir du Séder nous posons nos matsot et notre maror en attendant de réaliser le sacrifice de l’agneau pascal, nous suscitons des interrogations. La partie est à moitié gagnée lorsque l’enfant s’intéresse aux affaires des adultes. La question posée par l’enfant et son âge importe peu, pédagogiquement, c’est un pas important franchi. Le mur de l’ignorance ou du désintéressement tombe. Il reste bien entendu notre réponse et notre dialogue entamé.

L’enseignement pourrait être confier à un spécialiste du savoir comme le professeur ou l’instructeur. On nous recommande de bien rémunérer ce précieux auxiliaire pour qu’il mette toute sa science et son savoir faire à disposition. Il est aussi nécessaire de bien vérifier ses connaissances que son code moral dans son quotidien. Il faut dans la mesure du possible qu’il soit marié. En outre dans son curriculum vitæ il faut qu’il signale s’il est patient ou coléreux, honnête ou non etc… des prédispositions pour une bonne moralité.

Nous avons à cœur de voir le maître aimer nos enfants comme les siens. S’il le faut sévir pour leur bien, mais sans excès,  nous l’encourageons dans ce sens.

Concernant la partie pédagogique,  il est naturel qu’il sera le seul à diriger cette partie vitale de la transmission. Il sera bon d’avoir une concertation avec les collègues et une mise à jour parce que la routine est l’ennemie de la découverte et du renouvellement.

La famille juive a été pétrie dans le devoir de perpétuer une mémoire fidèle de nos valeurs immuables. Il s’agit par exemple de ne jamais oublier notre histoire qui a commencé par la sortie d’Egypte. En outre l’amour divin prend tout son sens par l’amour filial et l’amour de la Terre d’Israël. Le triptyque Thora Terre et peuple forment une tresse difficilement effrangée.

La transmission de ces trois pôles sur lesquels repose l’avenir de chacun garantit en quelque sorte un programme déjà établi.

Le monde éducatif actuel ne sait plus à quel saint se vouer pour prier afin que le rapport professeur/élève se passe sans histoire. Lorsque les grèves dans les écoles,  les collèges et l’université sont permanentes, le malaise de la transmission s’accroît. Ce n’est pas tant la quantité du savoir qui pose problème c’est surtout la manière. On a vu par exemple des élèves interdirent à leur professeur d’histoire d’enseigner la période noire de la Choa parce qu’elle ne cadre pas avec leurs opinions politico religieuses. Les sages rappellent sans cesse que l’adulte transmet à son fils et non l’inverse.

Les matsot défis perpétuels.

Rappelons nous la question qui a motivé cette réflexion au début de notre exposé. La sortie d’Egypte a fait de nous un peuple libre. Etait-ce seulement ce but ? Certainement pas.

Notre reconnaissance au Saint Béni –Il a été de nous avoir délivré pour faire de nous un peuple en perpétuelle remise en question. C’est l’autre définition du savoir.

A la veille de Pessah, nous cherchons certes le hamets pour le bannir de nos maisons. On y arrive après un labeur harassant. On peut dire qu’à l’heure de la recherche du levain et ses dérivés, il ne subsiste rien. On formule l’annulation pour nous tranquilliser. La preuve la plus éclatante consiste dans ce jeu de retrouvailles des dix morceaux bien emballés, dispersés dans toute la maison juste avant la prospection

Il est temps d’extirper aussi le hamets de nos pensées. C’est plus ardu même si aucune obligation ne nous y contraint. Il est souvent responsable de nous oublis, de nos impasses, de nos fuites en avant pour ne pas être en conformité avec les lois divines. Il est le début de nos échecs et pourrait qu’à D. ne plaise, couper la courroie qui nous a lié à notre passé glorieux.

L’éducation la plus réussie, disent nos sages, s’accomplit au jour où les petits enfants continuent à interroger leurs grands parents comme l’ont fait leurs parents. C’est pourquoi le texte scripturaire annonce «  tu dévoileras à tes enfants et petits enfants ».  La formule n’a pas seulement le mérite de l’annonce. Elle est un gage d’un suivi, d’un dialogue au-delà du devoir.

C’est aussi un appel parce que l’urgence se fait sentir. Nous aussi avons cru confier nos obligations à des tiers indépendamment de leurs valeurs, de leurs connaissances.

Il est temps de profiter de ces jours de fête pour accomplir une des plus merveilleuses réalisations de Judaïsme : savoir et transmettre.

Pessah Saméah vécacher.

Rabbin Salomon MALKA
 
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