LEILOUI NICHMAT
LEA BAT YAEL
ZAL

21 Octobre 2017















La tefila
Dans les huitième et neuvième chapitres de Melahim Alef (du premier livre des Rois), nous apprenons quelle est la place de la prière, la Tefila, que l’on récite au Beth Hamikdach, à toutes les occasions de la vie de notre peuple, et dans toutes les circonstances de notre vie personnelle. Même la prière d’un non juif, faite au Beth Hamikdach, était exaucée par Hachem. Même la prière d’un juif, faite depuis n’importe quel endroit du monde, passe par le Beth Hamikdach, pour monter vers Hachem et être exaucée par Lui. Selon le Rambam et la plupart des Richonim (on appelle ainsi les décisionnaires d’avant l’époque du Choulhan Aroukh), l’endroit du Beth Hamikdach a reçu sa sainteté pour toujours ; donc elle subsiste même après sa destruction, donc aussi de nos jours.

Comprenons que le Beth Hamikdach était l’endroit – le seul endroit du monde – où les sacrifices pouvaient être offerts à Hachem ; aujourd’hui encore, c’est l’endroit idéal pour présenter nos prières à Hachem. L’endroit du Beth Hamikdach a été sanctifié principalement pour les sacrifices et les prières. Le Choulhan Aroukh précise (dans Orah Hayim 94/1) que si l’on prie hors d’Eretz Israël, on doit se tourner pour la Amida, - la prière par excellence,- vers Eretz Israël. On doit orienter sa pensée vers l’endroit le plus saint du Beth Hamikdach, le Qodech Hakodachim. Si on se trouve en Eretz Israël, on se tourne vers Jérusalem. Si on se trouve à Jérusalem, on se tourne vers l’endroit précis du Beth Hamikdach.

Paris, Londres, New-York et Bené Beraq se trouvant à l’ouest de Jérusalem, on s’y tourne vers l’est. Maalé Adoumim et Shangaï se trouvant à l’est de Jérusalem, on s’y tourne vers l’ouest. Safeth et Helsinki se trouvant au nord de Jérusalem, on s’y tourne vers le sud. Enfin, Beèr Chéva et Madagascar se trouvant au sud de Jérusalem, on s’y tourne vers le nord pour réciter la Amida. Dans tous les cas, notre pensée doit être orientée vers l’endroit du Qodech Hakodachim au Beth-Hamikdach. C’est ainsi que l’on comprend bien l’importance de se rendre au Kotel pour la prière : c’est l’endroit le plus proche du Beth Hamikdach qui nous soit accessible de nos jours.

Et dans toute synagogue, quel que soit le pays et le continent où elle se trouve, le Aron Haqodech (l’Arche Sainte contenant les rouleaux de la Tora) se trouve toujours du côté vers lequel on se tourne pour la Amida.

De manière générale, dans la vie, notre pensée s’inspire de ce que nous voyons et entendons autour de nous. Plus nous sommes influencés par les choses de ce monde, et plus nous sommes loin de ressentir Hachem. Pour nous rapprocher de Hachem, nous avons besoin de faire d’abord le vide de toutes les idées qui nous passent par la tête sous l’influence de ce qui se trouve autour de nous, et de tout ce qui se fait autour de nous. Ensuite seulement, nous sommes prêts à réfléchir à tout ce dont nous sommes redevables à Hachem, pour le passé, et le présent. Notre sentiment de gratitude envers Hachem nous ouvre les portes vers une prière sincère de ce que nous avons besoin de recevoir à l’avenir.

Notre intérêt pour les choses terrestres, nous bande les yeux et nous empêche de voir toute l’influence céleste, tout ce qui provient de Hachem. Aussi longtemps que nos yeux sont ainsi bandés, notre prière ne peut pas monter vers Hachem. Inversement, lorsque nous fermons les yeux sur ce qui nous entoure sur terre, nous pouvons ouvrir les yeux de notre pensée vers ce qui nous parvient de Hachem, vers tout ce qui est « mine hachamayime » ; alors nous sommes prêts à prier, ou à dire une beraha, avec ferveur.

Ayant correctement, disons même chaleureusement remercié Hachem pour tout ce qu’Il nous donne, nous sommes prêts à demander qu’Il nous accorde ce dont nous avons désormais besoin. Au plan matériel, au plan professionnel, au plan familial, au plan communautaire, à tout point de vue.

Allons même plus loin : Notre prière ne se limite pas à ce qui se rapporte à notre personne, notre famille, etc…En effet, chacun a l’obligation de prier Hachem pour Lui demander d’avoir pitié de tout notre peuple, en général, ou de telle personne particulière, qui est en difficulté. Quelle que soit son épreuve. Ne commettons surtout pas l’erreur de penser que puisque Hachem est bon, il n’est pas important de solliciter Sa miséricorde ou Sa bonté. Il accordera tout sans qu’on le Lui demande. N’allons pas imaginer que la bonté de Hachem se manifeste toujours de manière spontanée et évidente. Cette approche paresseuse n’a pas sa place dans la vie juive. Pourtant, le yétser hara, ( le mauvais instinct) utilise une panoplie inépuisable de ruses pour nous inoculer cette erreur. N’en soyons pas dupes !

Jusqu’où peut aller notre tefila ??? Apprenons chez Abraham qui a longuement prié Hachem pour qu’Il ne détruise pas les villes de Sodome, Amora, Adma et Tsevoyim. On voit que l’amour que porte Abraham pour ces populations, qui ont pourtant dépassé toutes les limites de l’immoralité et de la criminalité, le conduit à s’opposer, pour ainsi dire, dans sa tefila, à la volonté de Hachem, qui voulait détruire les villes en question. Finalement, Hachem n’a pas exaucé Abraham, certes ; mais la tefila d’Abraham figure éternellement au lot de ses mérites. Elle reste une partie de la Tora, et nous la recevons en héritage.

Yona (Jonas) a essayé de se soustraire à son obligation prophétique. Il a tout essayé pour ne pas annoncer la destruction de Ninive. Pourquoi ? Sachant que la population de cette ville, n’étant pas juive, serait portée au repentir, il se refusait à présenter Israël, qui ne faisait pas techouva (repentir) , comme moins méritant que Ninive, facilement repentante. De telle sorte que sa démarche résultait de son amour d’Israël ; au-delà de ce que lui ordonnait Hachem. C’était sa manière de prier par amour d’Israël, mais sous la forme d’une véritable fugue devant son obligation prophétique. L’importance de cette histoire de Yona se manifeste notamment dans le fait qu’elle trouve sa place dans la haftara de Minha de Yom Kipour !

Mais pour redescendre à notre niveau, réfléchissons bien au genre de choses que nous sollicitons dans notre tefila.

    1. Tout ce qui concerne notre vie matérielle, notre santé, notre vie familiale et professionnelle, faisons entièrement confiance à Hachem : nous ne manquerons de rien. Nous ne mentionnons ces domaines que pour préciser justement qu’ils sont le fait de Hachem, que nous entendons bien ne pas être ingrats, et que nous ne nous y arrogeons aucune prétention. Un certain effort nous est demandé ; il est appelé hichtadlouth ; mais le résultat en est fixé par Hachem. Il s’agit d’un effort de sincérité, de ferveur.
    2. Les prières dans lesquelles nous devons sérieusement « insister » auprès de Hachem, ce sont celles que nous Lui adressons pour pouvoir Lui obéir. Nous Le prions de nous donner l’intelligence de comprendre la Tora et les mitsvoth, de nous accorder le pardon pour nos fautes, de nous envoyer la délivrance définitive – pas pour notre plaisir ou notre facilité – mais pour que nous puissions Le servir à un niveau plus élevé de perfection.
    3. Les prières par lesquelles nous intercédons pour une autre personne ou pour tout notre peuple, se situent à un niveau aussi élevé que celles que nous adressons à Hachem pour notre spiritualité. Le gagne-pain d’autrui, sa réussite professionnelle et sa guérison, se situent pour moi aussi haut que n’importe quelle mitsva que j’accomplis.
    4. Globalement, toutes nos prières s’insèrent dans une sorte de contrat : Ce que nous demandons à Hachem, c’est de pouvoir nous situer en parfaite adéquation avec Sa volonté. Soyons modestes ! Nous ne pouvons évidemment pas nous imaginer que nous sommes à des niveaux comparables à ceux d’Abraham et de Yona, que nous avons évoqués plus haut. Enfin, comprenons bien qu’il est de notre devoir de nous adresser par nos prières à Hachem. Et en même temps, que c’est Hachem Seul Qui décide de nous accorder ou de ne pas nous accorder ce que nous Lui demandons. Dans tous les cas, Sa décision est pour notre bien.
    5. Nous avons notre manière bien à nous de considérer qu’il est bon que nous soyons toujours en bonne santé et que nous ne manquions de rien, ni nous, ni nos enfants, ni tous ceux qui nous sont chers. De ce point de vue, notre devoir est de demander à Hachem dans nos prières qu’Il fasse qu’il en soit toujours ainsi. Ceci étant, lorsque nous ne sommes pas exaucés, nous devons conclure que c’est parce que Hachem considère que c’est bien ainsi. Peut-être pour que nous prions encore davantage……ou pour toute autre raison.
    6. Lorsque le Beth Hamikdach sera reconstruit - bientôt, je l’espère - il en sera aussi ainsi. Compte tenu de nos prières, de nos sacrifices et de nos mérites, Hachem décidera de ce qu’Il nous accorde, toujours pour notre bien, mais pas toujours selon ce que nous trouvons bien. Ce qui fait qu’en réalité, tout va bien, toujours.


Rav Hayim Yacov Schlammé
 
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